Lorsque l'arthrose du genou s'installe et que la douleur gêne le quotidien ou la pratique sportive, une question revient souvent : faut-il envisager une injection de PRP, ou s'orienter vers la chirurgie ? Ces deux options ne s'opposent pas. Elles correspondent à des moments différents de l'évolution de l'arthrose. Cette page explique où se situe le PRP dans le parcours de soins, à quel stade il a sa place, et à quel stade la chirurgie reste la meilleure réponse.
L'arthrose évolue : à chaque stade, son traitement
L'arthrose du genou (gonarthrose) est une maladie qui progresse lentement, par étapes. Son stade est apprécié par l'examen clinique et par l'imagerie, notamment les radiographies, qui permettent de situer l'atteinte de la forme la plus légère à la forme la plus avancée. C'est ce stade, davantage que la seule intensité de la douleur, qui oriente le choix du traitement. Schématiquement, on distingue deux situations. Dans l'arthrose débutante à modérée, la prise en charge est d'abord médicale et fonctionnelle : activité physique adaptée, kinésithérapie, traitements de la douleur, et, selon les cas, infiltrations. Dans l'arthrose évoluée, lorsque le cartilage est très détérioré, la chirurgie prothétique devient l'option la plus efficace pour soulager durablement. Le PRP se situe dans la première de ces deux situations.
Quand le PRP a sa place ?
Le PRP — plasma riche en plaquettes — s'adresse en priorité aux arthroses débutantes à modérées. Il est le plus souvent proposé en deuxième intention, c'est-à-dire lorsque les traitements de première ligne (activité physique adaptée, kinésithérapie, antalgiques) n'ont pas suffi à soulager durablement, ou lorsque l'on souhaite limiter le recours répété aux anti-inflammatoires. L'objectif de l'injection est alors d'agir sur l'environnement inflammatoire de l'articulation afin de réduire la douleur, d'améliorer le confort et la mobilité, et de permettre de poursuivre une activité physique. Les recommandations européennes récentes (consensus ESSKA-ICRS 2024) précisent ce cadre d'indication : le PRP est considéré comme approprié dans les arthroses qui ne sont pas au stade le plus avancé, après échec des traitements conservateurs.
Quand la chirurgie reste la meilleure réponse
Lorsque l'arthrose est très évoluée et le cartilage très détérioré, le PRP ne permet pas de reconstituer ce qui est détruit. À ce stade, la pose d'une prothèse de genou est un traitement fiable et éprouvé, qui soulage durablement et restaure la fonction de l'articulation. Le PRP ne s'y substitue pas et ne doit pas retarder une indication chirurgicale alors qu'elle est justifiée. Savoir reconnaître ce moment, et orienter vers la chirurgie quand elle est la bonne solution, fait partie d'une prise en charge honnête. Le rôle de la consultation est précisément de situer votre arthrose sur ce parcours et de vous orienter vers le traitement le plus adapté à votre stade.
Le PRP n'est pas une promesse
Il est important d'être clair : le PRP n'est pas efficace dans 100 % des cas, et ses résultats ne peuvent pas être garantis. Les données scientifiques disponibles, en particulier dans l'arthrose du genou, suggèrent un bénéfice sur la douleur et la fonction chez une partie des patients, avec un effet pouvant se maintenir plusieurs mois — mais la réponse varie d'une personne à l'autre. Le PRP est une option thérapeutique, pas une solution miracle. Présenter ses limites autant que ses bénéfices n'est pas une réserve de principe : c'est la condition pour que vous puissiez décider en connaissance de cause. Les bénéfices attendus, les incertitudes et les alternatives possibles sont expliqués lors de la consultation préalable.
Le PRP s'intègre dans une prise en charge globale
Le PRP n'agit pas seul. Une injection isolée, détachée du reste, donne rarement le meilleur résultat. Au cabinet, le PRP s'inscrit dans un projet de soin construit autour de trois axes complémentaires :
Traiter — le PRP, mais aussi les autres traitements médicaux adaptés à votre situation.
Rééduquer — renforcement musculaire ciblé, analyse de la posture et de la biomécanique, adaptation de la pratique sportive. Compenser — semelles orthopédiques, orthèses, chaussage adapté, afin de réduire les contraintes qui s'exercent sur l'articulation.
C'est cette approche d'ensemble — et non l'injection prise isolément — qui vise à soulager durablement, à préserver votre mobilité et, lorsque c'est possible, à maintenir votre pratique sportive. Cette prise en charge globale relève de la médecine physique et de réadaptation et de la médecine du sport.
Comment savoir ce qui est adapté à votre situation ?
Aucune page d'information ne peut remplacer un examen. Seule une consultation permet d'examiner le genou, d'analyser l'imagerie, de situer le stade de l'arthrose et de tenir compte de vos antécédents et de vos attentes. La consultation préalable a précisément ce rôle : confirmer que le PRP est adapté à votre cas, ou, si ce n'est pas le cas, vous orienter vers une autre prise en charge — y compris chirurgicale lorsqu'elle est justifiée. L'objectif n'est pas de proposer un acte, mais le traitement qui correspond à votre situation. Pour comprendre en détail le déroulement d'une injection, vous pouvez consulter la page injections de PRP.
Questions fréquentes
Le PRP permet-il d'éviter la prothèse ?
Pas systématiquement, et cela ne peut pas être garanti. Chez les patients dont l'arthrose n'est pas trop évoluée, le PRP peut soulager et, dans certains cas, contribuer à différer le recours à la chirurgie. Lorsque l'arthrose est au contraire très avancée, le PRP ne remplace pas la prothèse, qui reste alors le traitement le plus efficace.
Je suis suivi par un chirurgien : puis-je quand même envisager le PRP ?
Le PRP et un suivi chirurgical ne s'excluent pas. La décision se prend au cas par cas, selon le stade de l'arthrose. Le mieux est d'en parler avec les praticiens qui vous suivent, afin que la stratégie soit cohérente.
Le PRP est-il remboursé ?
Non. L'injection de PRP n'est pas prise en charge par l'Assurance Maladie ni par les complémentaires santé. Le détail des honoraires est précisé sur la page Honoraires.
Combien de séances de PRP faut-il prévoir ?
Cela dépend de la situation clinique. Le nombre d'injections et leur calendrier sont définis avec vous lors de la consultation. Le déroulement est détaillé sur la page injections de PRP.
Prendre rendez-vous
PRP ou chirurgie : la place du PRP
Une consultation préalable est nécessaire pour évaluer le stade de votre arthrose et déterminer la prise en charge la plus adaptée.
Le Dr Frédéric Rusakiewicz, médecin du sport et de médecine physique et de réadaptation, réalise les consultations et les injections de PRP à Paris, à la Clinique Nollet (Paris 17ᵉ) et au cabinet de la place Victor Hugo (Paris 16ᵉ).